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  • Photo du rédacteurJean François Barrat

L'heure du bilan est venue...

Après près de deux ans passés dans son beau local ouvert Passage Médicis à La Roche sur Yon, la galerie Métonymies a du fermer ses portes à regrets le 30 juin dernier.

Ce fut une belle aventure humaine, ponctuée de moments inoubliables.


Une marge et un volume de ventes insuffisants

Du coté du verre à moitié vide, il a fallu se faire une raison et se résoudre à fermer boutique car l'association ne parvenait pas à couvrir totalement ses charges. Le profit sur les ventes étaient insuffisant et l'on constatait qu'il n'évoluait pas favorablement avec le temps. Pourtant le modèle économique mis en place était optimal, la marge de 30% respectait le travail des artistes et permettait d'avoir les mêmes prix publics qu'à l'atelier. Il aurait fallu réduire les charges en disposant d'un local gratuit (propriété ou fourni par la collectivité).

Le subventionnement sur les volets culturels de la galerie: découverte de l'art singulier, décryptage des œuvres aurait pu être une solution de financement même si cela aurait nui à son indépendance. Ce subventionnement aurait certainement généré une implication plus forte de la collectivité et des médias...


Une conjoncture difficile

Ensuite, il faut aussi admettre que la conjoncture a été un peu difficile. D'une part aux soubresauts de la période post Covid, a succédé le déclenchement de la guerre en Ukraine avec ses conséquences sur l'inflation. Les travaux du quartier qui se sont éternisés ont rendu l'accès compliqué et peu avenant... L'indemnisation proposée par la ville a été refusée sous le prétexte que nous nous étions installés en connaissance de cause.

Enfin la contrainte d'ouverture permanente, 4 jours par semaine matin et après midi, était un peu pesante à la longue, il aurait fallu pouvoir la partager collectivement un peu plus.



569 œuvres dispersées

Du coté du verre à moitié plein, 569 œuvres ont été vendues d'un montant moyen de 76 euros, cela représente plus d'une œuvre vendue par jour d'ouverture, ce n'était pas si mal dans le contexte sanitaire, économique et politique de la période.

Les artistes proposant un univers poétique ont su tirer leurs épingles du jeu. Pour ceux qui exposaient un univers singulier ou torturé, ce fut plus compliqué. Ils auraient mérité un temps d'assimilation plus long.

La posture type bouquinerie qui était la marque de fabrique du projet, n'a pas été très attractive. Le public en général avait un peu peur de toucher les œuvres, de s'engager, l'art reste un peu tabou. Lorsqu'au bout d'un an, nous avons mis en place des expositions, un mode d'exposition plus classique, ce fut indéniablement profitable.


Des artistes impliqués

L'adhésion des artistes aux projet a été aussi une grande satisfaction. 36 d'entre eux ont pu s'exposer dans les bacs de la galerie pour un temps long. On peut dire qu'ils ont joué le jeu sachant que nous avons essayé au maximum de leur réduire les contraintes. ( pas de transport, pas de déplacement, pas de présence exigé, possibilité de récupération immédiate des oeuvres). Cela démontre aussi leur difficulté de diffusion de leur travail. Les rencontres de ces artistes, tous impliqués corps et âmes dans leur recherche émotionnelle, reste la grande satisfaction de cette aventure.


Un public clairsemé

Du point de vue du public, celui ci a été plus clairsemé. Il faut beaucoup de temps pour susciter une adhésion collective. Certains sont revenus après une absence de 18 mois. Le réflexe de l'achat d'une œuvre d'art n'est pas dans les mœurs. Les collectionneurs sont peu nombreux, pourtant l'acquisition est un vraiment un acte jubilatoire et vraiment sensé.

Si l'on comparait la valeur pécuniaire d'une Tesla garée devant la galerie, elle était supérieure à la totalité cumulée des œuvres présentées, mais sa valeur morale était tellement plus faible...

Au moment du Chant du Cygne, nous avons reçu cependant de beaux témoignages de sympathie. Près d'un tiers des ventes ont été réalisé auprès de proches ou adhérents de la galerie. Cela a été une belle marque de soutien, certains se sont découverts d'ailleurs une âme de collectionneur et c'est réconfortant.




Enfin, il y a eu tant de moments d'exception qu'ils ont couvert les moments de désillusion : l'engouement extraordinaire des premiers jours, une danse endiablée lors d'un PasSage Des ArTs, l'exposition souvenir d'Yvonne Robert, la présence forte des Lacoste, un ancien général Afghan qui demandait l'encadrement de son portrait en uniforme...

Un grand merci à tous ceux qui ont contribué peu ou prou à cette aventure qui va continuer mais de manière plus légère, plus sporadique...

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